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Comité de sauvegarde
de l'église de Bas-Caraquet

Les dons postés peuvent être envoyés directement à la paroisse St-Paul de Bas-Caraquet ou à la polyclinique Isabelle sur Mer et doivent inclure la mention réparations.
Lettre ouverte à Sa Sainteté le pape François.
Cliquez ici pour lire la réponse du Vatican


Le 22 janvier 2014


Lettre ouverte à Sa Sainteté le pape François.

Très Saint-Père,

Nous avons besoin de votre aide, nous les Acadiens.

Voici brièvement notre histoire. Dès 1604, l'Acadie fut la première colonie française en Amérique du Nord. Elle s'implanta graduellement dans le Canada atlantique. Nous avons eu un parcours mouvementé et la foi catholique nous a accompagnés tout au long de notre lente ascension vers la survie et l'épanouissement.

Nous fûmes déportés par l'Empire britannique et dispersés à travers le monde occidental entre 1755 et 1763, connaissant alors des souffrances inouïes et une mortalité effarante. Le peuplement d'origine qui avait échappé aux déportations, de concert avec les exilés qui sont revenus au pays à travers mers et mondes, a relancé l'Acadie dans les provinces maritimes du Canada. Ils ont réussi à préserver la langue française et la foi chrétienne.

Longtemps, ce que l'on a appelé la revanche des berceaux nous a permis de prendre notre place au soleil, ce qui devient de plus en plus difficile avec l'évolution du monde moderne. Longtemps aussi une foi inébranlable a donné de l'espoir à des générations et a contribué à bâtir un patrimoine religieux étonnant. On reste étonné devant ces monuments grandioses, construits par des gens qui n'avaient pas le sou et qui pour la plupart habitaient dans un grand dénuement. Mais ils avaient la foi du charbonnier.

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Aujourd'hui, la pratique religieuse est en chute libre, mais la quête du sacré est tout aussi importante. Tout cela se complexifie avec la destruction du patrimoine religieux - églises, cathédrales, presbytères, couvents - faute de moyens apparents pour le conserver.

Bonne nouvelle, toutefois, le très grand nombre, même les gens qui ne sont plus pratiquants ou qui le sont seulement lors des évènements marquants de la vie tels que baptêmes, mariages et funérailles, veut sauver le patrimoine religieux. Tous veulent laisser une place essentielle au sacré chrétien en donnant parfois aussi une autre vocation, si l'on peut dire, aux édifices.

Tout récemment, dans l'Acadie de la province du Nouveau-Brunswick, un danger s'est profilé à l'horizon, soit celui de ne pas parvenir à sauver la cathédrale Notre-Dame-de-l'Assomption de Moncton, où est déjà venu votre prédécesseur, le pape Jean-Paul II, ainsi que l'église de mon village de Bas-Caraquet, un chef-d'ouvre d'architecture néo-gothique, et aussi l'église de Sainte-Marie-Saint-Raphaël, dans le village du même nom. Les communautés se mobilisent. L'évêque du diocèse de Bathurst, Mgr Jodoin, s'est engagé lors d'une rencontre à Bas-Caraquet, à unir ses efforts à celle de la communauté pour la sauvegarde du patrimoine religieux.

Depuis toujours, en Acadie, la langue fut gardienne de la foi et vice-versa. Contre vents et marées, même pendant qu'ils étaient sous le joug britannique, les Acadiens sont restés fidèles à Rome. Ils ont toujours contribué à la quête du denier de Saint-Pierre pour aider le Vatican.

C'est à notre tour de vous demander de l'aide pour encourager les communautés de base qui forment l'Église et sans lesquelles elle ne pourrait survivre. Bien sûr, la foi va au-delà de la pierre et du bois, mais l'édifice reste le symbole sur lequel repose une tradition millénaire. Et quoi qu'il advienne, l'église représente toujours le cour d'une communauté. Récemment dans le quotidien acadien L'Acadie Nouvelle, je m'interrogeais sur la contribution de l'Église de Rome, soulignant que la vente de quelques ouvres d'art du Vatican à des musées reconnus permettrait de créer un fonds de sauvegarde qui servirait non seulement pour les églises d'Acadie, mais aussi pour le patrimoine religieux mondial.

En 1977, mon premier roman, L'Acadien reprend son pays, racontait qu'un pape non italien avait amené l'Église à promouvoir l'autonomie du peuple acadien et fait en sorte que le Vatican partage toutes ses richesses avec les plus démunis dans le monde entier. J'avais dédicacé ce livre au pape et je conserve, religieusement, une réponse de la Secrétairerie d'État.

Soyez assuré que nous serions très heureux de vous recevoir en Acadie, soit à la cathédrale de Moncton, soit à notre église de Bas-Caraquet, au son de nos magnifiques chorales et de notre superbe orgue Casavant. Et vous pourrez admirer, dans les environs les magnifiques oiseaux qui planent au-dessus des vagues. Cela évoquera sans doute l'histoire de saint François d'Assise, dont vous portez le nom, qui proposait le partage des richesses de l'Église tout en ayant le don de parler aux oiseaux.

Alors, venez en personne nous apporter un message d'espérance et de joie afin de pourfendre les inégalités sociales, exhortation apostolique publiée en format livre dans La joie de l'Évangile. Un livre dans lequel vous prônez le désir de cultiver l'attraction du message plutôt que d'en faire une loi rigide, un livre dans lequel vous prêchez l'humilité pour les chrétiens qui doivent donner l'exemple et préconisez en outre de garder la joie au cour plutôt que d'«avoir un air de carême sans Pâques.» On y précise qu'un «évangélisateur ne devrait pas avoir constamment une tête d'enterrement».

Nous aimerions entendre de vive voix, chez nous, en Acadie votre fameuse phrase : «Qui sommes-nous pour juger?» Une ouverture qui peut rejoindre plusieurs personnes qui ne se retrouvent pas dans une Église de peur et de châtiment, axée sur une promotion de la doctrine et de la tradition qui exclut tant de gens, ce qui semble être à l'antipode du message de Jésus.

Alors, je fais preuve d'audace en vous envoyant cette lettre, comme m'y invite votre message apostolique qui demande à Marie de nous donner «la sainte audace de chercher de nouvelles voies pour que parvienne à tous le don de la beauté qui ne se ternit pas.»

Nous nous réjouissons de votre détermination à ramener l'Église à son message primordial et à ses valeurs de base.

Pouvez-vous nous aider par un appui tangible et par la contribution du Vatican à un fonds pour la sauvegarde du patrimoine religieux? Et, bien sûr, si cela est possible, par une visite en terre d'Acadie.


Très respectueusement,


Claude Le Bouthillier, écrivain.
8425 rue St-Paul
Bas-Caraquet,
Nouveau-Brunswick, Canada,
E1W 6C6

Courriel : claude.lebouthillier@acadie.ca



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